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Abraham (en hébreu, le père qui aime) a reçu son nom de Dieu en signe de son alliance avec lui ; il s'appellait Abram auparavant.

Il est le premier patriarche, il est aussi appelé le père des croyants. Non seulement le christianisme et le judaïsme, mais aussi l'islam vénèrent la figure d'Abraham.

Il fut le premier à recevoir la promesse d'une terre promise. Il partit d'Ur en Chaldée, (l'actuelle Tal al-Muqayyar dans le sud de l'Irak). Le Seigneur a dit à Abram : “Pars de ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père, va dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction pour toutes les familles de la terre.” (Gn 12,1-3)

A la promesse de la terre s'ajoute la promesse d'une descendance, d'un fils. Abraham est marié à Sarah qui enfantera dans ses vieux jours un garçon nommé Isaac. Avant celui-ci, il eut un fils de sa servante Agar qui reçut le nom d'Ismaël. L'annonce de la naissance d'Isaac eut lieu près d'Hébron, au chêne de Mambré (auj. Ramat el-Khalil, la "Colline de l'Ami"). Là, Abraham accueillit trois anges, figure de la Trinité illustrée dans une célèbre icône de Roublev. Ce lieu saint est vénéré de très ancienne date.

Dieu demanda à Abraham de sacrifier son fils Isaac. Par la foi, Abraham accepta et l'ange de Dieu arrêta son geste. On situe cette scène à Jérusalem, là où sera élevé le Temple.

Abraham est enterré à Hébron, dans un terrain qu'il acheta à cet effet, avec la grotte de Macpéla. C'est, pour les patriarches nomades, un "point fixe" en Terre sainte. Les six tombeaux des patriarches et de leurs épouses respectives sont vénérés - et disputés - par les trois grandes religions monothéistes.

Il est vénéré par l'Église comme l'un des saints de l'Ancien Testament ; avec les ancêtres du Christ, il est fêté le 24 décembre.

Commémoration d'Abraham lors du Jubilé de l'an 2000 Modifier

Le pape Jean-Paul II ne put se rendre, comme il le souhaitait, à Ur en Chaldée, durant le grand Jubilé de l'an 2000. Le 23 février 2000 fut célébrée, au Vatican, dans la salle Paul-VI, une "Commémoration d'Abraham". Voici quelques extraits de l'homélie de Jean-Paul II : (...) En cette année du Grand Jubilé, alors que nous retournons le cœur ouvert aux débuts de l'alliance de Dieu avec l'humanité, notre regard se tourne vers Abraham, vers le lieu où il entendit l'appel de Dieu et où il répondit à celui-ci avec l'obéissance de la foi. En même temps que nous, les Juifs et les Musulmans se tournent eux aussi vers la figure d'Abraham comme vers un modèle de soumission inconditionnée à la volonté de Dieu.

L'auteur de la Lettre aux Hébreux écrit : Par la foi, Abraham obéit à l'appel de partir vers un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait. Voilà : Abraham appelé par l'Apôtre Paul "notre Père dans la foi", crut à Dieu, se fia à Lui qui l'appelait. Il crut à la promesse. (...) Peut-être sommes-nous en train de parler de l'itinéraire d'une des multiples migrations typiques d'une époque où l'élevage des troupeaux était une forme fondamentale de la vie économique ? C'est probable. Certainement, mais cependant, il ne s'agit pas seulement de cela. Dans l'histoire d'Abraham, à partir duquel commença l'histoire du salut, nous pouvons déjà percevoir une autre signification de l'appel et de la promesse. La terre, vers laquelle se dirige l'homme guidé par la voix de Dieu, n'appartient pas exclusivement à la géographie de ce monde. Abraham, le croyant qui accueille l'invitation de Dieu, est celui qui se dirige dans la direction d'une Terre promise qui ne se trouve pas ici-bas.

Nous lisons dans la Lettre aux Hébreux : Par la foi, Abraham, mis à l'épreuve, a offert Isaac, et c'est son fils unique qu'il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses, lui à qui il avait été dit : “C'est par Isaac que tu auras une postérité.” Voilà l'apogée de la foi d'Abraham. Abraham est mis à l'épreuve par ce Dieu en qui il avait placé sa confiance, par ce Dieu duquel il avait reçu la promesse concernant un avenir lointain : “C'est par Isaac que tu auras une postérité.” Il est cependant appelé à offrir précisément Isaac en sacrifice à Dieu, son fils unique, à qui étaient liées toutes ses espérances, du reste conformes à la promesse divine. Comment pourra s'accomplir la promesse que Dieu lui a faite d'une nombreuse descendance, si Isaac, l'unique fils, devra être offert en sacrifice ? Grâce à la foi, Abraham sort victorieux de cette épreuve, une épreuve dramatique qui mettait directement en question sa foi. Dieu, pensait-il, – écrit l'auteur de la Lettre aux Hébreux – est capable même de ressusciter les morts. En cet instant humainement tragique, où il était désormais prêt à infliger le coup mortel à son fils, Abraham ne cessa pas de croire. Au contraire, sa foi dans la promesse de Dieu atteint son sommet. Il pensait : Dieu est capable même de ressusciter les morts. Ainsi pensait ce père éprouvé, humainement parlant, au-delà de toute mesure. Et sa foi, son total abandon en Dieu, ne le déçut pas. Il est écrit : C'est pour cela qu'il recouvra son fils. Il recouvra Isaac, car il crut à Dieu jusqu'au bout et de façon inconditionnée. (...)

Un jour le Christ affirma : “En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham existât, Je Suis”, et ces paroles provoquèrent l'émerveillement des auditeurs qui objectèrent : “Tu n'as pas cinquante ans et tu as vu Abraham ?” Ceux qui réagissaient ainsi raisonnaient de façon purement humaine, et c'est pourquoi ils n'acceptèrent pas ce que le Christ disait : “Es-tu donc plus grand qu'Abraham, notre Père, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ?” Jésus leur répliqua : “Abraham, votre père exulta à la pensée qu'il verrait mon Jour. Il l'a vu et fut dans la joie.” La vocation d'Abraham apparaît complètement orientée vers le jour dont parle le Christ. Là, les calculs humains ne sont pas valables ; il faut appliquer la mesure de Dieu. Ce n'est qu'alors que nous pouvons comprendre la juste signification de l'obéissance d'Abraham, qui en espérant contre toute espérance, crut. Il espéra devenir le père de nombreuses nations, et aujourd'hui il se réjouit certainement avec nous, car la promesse de Dieu s'accomplit au cours des siècles, de génération en génération. Avoir cru, en espérant contre toute espérance, lui fut compté comme justice, non seulement pour lui, mais également pour nous tous, ses descendants dans la foi. Nous qui croyons en celui qui ressuscita d'entre les morts Jésus notre Seigneur, mis à mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification. Cela, Abraham ne le savait pas ; toutefois grâce à l'obéissance de la foi, Abraham se dirige vers l'accomplissement de toutes les promesses divines, animé par l'espérance qu'elles se seraient réalisées. (...)

Le modèle inimitable du peuple racheté, en marche vers l'accomplissement de cette promesse universelle, est Marie, celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur. Fille d'Abraham selon la foi, outre que selon la chair, Marie en partagea en première personne l'expérience. Elle aussi, comme Abraham, accepta l'immolation du Fils, mais alors que le sacrifice effectif d'Isaac ne fut pas demandé à Abraham, le Christ but le calice de la souffrance jusqu'à la dernière goutte. Et Marie participa personnellement à l'épreuve de son Fils, croyant et espérant, debout à côté de la croix. (...)

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