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Saint Albert le Grand, ou encore Albrecht von Bollstädt est un philosophe, théologien, naturaliste, chimiste et alchimiste germanique né à Lauingen, en Souabe, entre 1193 et 1206, et mort à Cologne en 1280. Il a introduit dans les universités d’Europe les sciences grecques et arabes. Il était déjà surnommé « le Grand » de son vivant.

Canonisé par l' Eglise catholique, il est fêté le 15 novembre.

VieModifier

Après des études à Paris, il entre, en 1221, dans l'ordre des Dominicains dont il deviendra le principal en 1254. De 1228 à 1240, il enseigna la théologie, puis obtint à Paris un poste de maître de théologie en 1245. C’est là qu’il a pour élève le jeune Thomas d'Aquin.

Découvrant les ouvrages grecs (dont Aristote) et arabes (Ibn al-Haytham, Avicenne (Ibn-Sinâ)), il les étudie avec passion. Dans ses commentaires de l’œuvre d’Aristote, il consigne déjà ses désaccords avec les vues de celui-ci dans le domaine scientifique, comme l'ont fait également Robert Grossetête, puis Roger Bacon[1].

Albert fonda en 1248 à Cologne l’École supérieure de théologie (Studium generale).

En 1250, il traite de l'arc-en-ciel dans son ouvrage de Iride.

En 1254, Albert devient le principal de son ordre et le pape Alexandre IV, espérant le fixer à Rome, le nomme maître du sacré palais. En 1260, il est nommé évêque de Ratisbonne par le pape, mais après trois ans, il demande au pape la permission d'abandonner sa charge, ce qu'il obtient de celui-ci.

Le De animalibusModifier

Ne se contentant pas de contester ponctuellement les travaux d'Aristote, il entreprend une encyclopédie d'ambition comparable, le De animalibus, qui comprend :

  • le classement de plus d’une centaine de minéraux, ainsi que celui de toute la faune et de toute la flore d’Europe du Nord connues de son temps ;
  • une description détaillée de la reproduction des insectes, la croissance du poulet, des poissons et de mammifères ;
  • une étude sur les effets respectifs de la lumière et de la température sur la croissance des végétaux, ainsi que la question des greffes.

Ce vaste traité, achevé vers 1270, comprend 26 livres. Les 19 premiers sont des commentaires de l'œuvre d'Aristote, les suivants sont consacrés aux animaux qui marchent, volent, nagent et rampent dans une classification inspirée de Pline l'Ancien. Cette œuvre qui restera isolée dans son temps tranche sur celles de ses prédécesseurs comme Isidore de Séville et comprend beaucoup plus de descriptions fondées sur des observations réelles.

Il reste que pour longtemps encore la zoologie restera une branche de la théologie , au sein de laquelle les animaux sont étudiés pour les symboles divins qu'ils véhiculent.

Cette œuvre est riche en enseignements historiques et nous apprend par exemple qu'Albert le Grand ne connaissait l'usage du salpêtre que pour la fabrication de l'acide nitrique ou encore que l'ortie était encore citée comme fibre textile à cette époque [2]

Postérité Modifier

Il reste dans l'histoire connu comme le « Docteur universel », en compagnie du « Docteur angélique » (son propre élève saint Thomas d'Aquin), du « Docteur séraphique » (saint Bonaventure) et du « Docteur admirable » (le franciscain Roger Bacon, critique comme lui d'Aristote envers qui saint Thomas d'Aquin a eu davantage d'indulgence).

Bibliographie Modifier

Textes d'Albert le Grand Modifier

  • Summa de Eucharistiae Sacramento. Ulm : Johann Zainer, 1474.
  • Philosophia pauperum. 1e édition, 1490, 2e édition Brescia, Battista de Farfengo 1493
  • De Anima libri tres. De Intellectu et Intelligibili libri duo. Venise : Joannes & Gregorius de Gregoriis, de Forlivio, 1494.
  • De animalibus, lib. XV, Rome, 1478.
  • Summa de creaturis.
  • De vegetalibus
  • De minerali[b]u[s].Principis philosophorum Domini Alberti magni Ratisponsensis Ecclesie Episcopi. Cologne: Cornelius von Zieriksee. 1499.
  • Prima et secunda partes postille super Evangeliare Luce. Hagenau, Henricus Gran for Johannes Rynman 1504
  • De Natura Locorum. Vienna : H. Vietor & J. Singriener, 1514.

Sous le nom de Albert le Grand, un vaste corpus de textes alchimiques se constitua à partir du XIVe siècle et ne cessa de se développer. Dans le sillage de son prodigieux succès en tant que philosophe, des 'lullistes' anonymes se mirent à composer sous son nom un nombre croissant de traités d'alchimie.

Etudes et autres ouvrages Modifier

  • Libera Alain (de), Albert le Grand et la philosophie (A la Recherche de la vérité), Paris, Vrin, 1990

Notes et référencesModifier

  1. Ces contestations sur l'œuvre de « l'homme qui pouvait tout expliquer », comme le nomme Jean-François Revel, s'amplifieront sur le plan scientifique avec Galilée et sur le plan philosophique avec Descartes.
  2. Cf. Bertrand Gille, Histoire des techniques.

Articles connexes Modifier

Liens externes Modifier

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