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L'Assomption de la Vierge Marie (du latin « action d'enlever, de prendre avec soi ») est un dogme défini ainsi en 1950 par le pape Pie XII :

« Nous proclamons, déclarons et définissons que c'est un dogme divinement révélé que Marie, l'Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste. »

Plus de mille ans avant cette définition, l'Assomption était fêtée liturgiquement ; elle l'est aujourd'hui le 15 août (solennité). L'Assomption est l'un des mystères glorieux médités dans la prière du Rosaire.

(L'Assomption de la Vierge, où elle est "passive", emportée vers le Ciel, est à distinguer de l'Ascension, "active", du Christ).

Assomption et Dormition Modifier

L'événement de l'Assomption est situé, à Jérusalem, dans la vallée du Cédron, près de la basilique de Gethsémani, dans une église orthodoxe. Selon une autre tradition, le lieu de l'Assomption a été Éphèse, dans la maison de l'apôtre Jean, à qui le Christ, sur la croix, confia Marie.

L'Assomption, sur laquelle l'accent est mis dans le catholicisme, est à distinguer de la Dormition (sommeil, fin de la vie terrestre de Marie), sur laquelle insiste l'orthodoxie. La Dormition de Marie est située à Jérusalem sur le Mont Sion, au Cénacle. Les disciples portèrent ensuite son corps au cimetière du mont des Oliviers, où eut lieu l'Assomption.

Des récits apocryphes des Ve et VIe siècles sur le Transitus de Marie, qui cherchent à expliquer la mort de la Sainte Vierge, contiennent déjà la pensée de l'assomption corporelle de Marie. La tradition ininterrompue de l'Église - dont Grégoire de Tours (mort en 594) tout d'abord se fait le témoin, suivi par d'autres Pères de l'Église dont le Pseudo Modeste de Jérusalem (mort vers 700) - atteste expressément l'Assomption de Marie. Alors qu'un certain Timothée, prêtre de Jérusalem (VIe-VIIe s.) était d'avis que « la Vierge est jusqu'à présent immortelle (c'est-à-dire n'est pas morte) », sa dormition est presque universellement admise par les Pères de l'Église, la liturgie et la tradition.

Origine et histoire Modifier

Cette fête remonte au Ve siècle et célèbre la mort et la glorification de Marie, sous la forme de l'élévation de son corps et de son âme au Paradis. Ces événements ne sont pas rapportés dans les Évangiles ni dans les Actes des Apôtres (qui mentionnent Marie pour la dernière fois lors de la Pentecôte), mais font partie de la tradition vivante de l'Église ; on en trouve un récit dans un apocryphe, le "Livre de Jean sur la mort de Marie" (IVe siècle).

L'Assomption à été célébrée dans les Églises gallo-romaines dès le milieu du VIe siècle, à la date du 18 janvier. À partir du VIIIe siècle, elle fut transférée au 15 août et devint très populaire, si bien que la plupart des églises construites au Moyen-Âge en l'honneur de la Vierge Marie furent dédiées à sa glorieuse Assomption.

Lorsque le roi de France, Louis XIII, en 1638, plaça le pays sous la « protection singulière » de la Sainte Vierge, son acte était tout à fait dans la ligne d'une tradition populaire multiséculaire. De même, Pie XI, en 1922, en déclarant « la Vierge Marie dans le mystère de son Assomption patronne principale de la France » ne faisait que consacrer un culte qui remontait au VIe siècle. La fête du 15 août est la fête patronale de la France.

Définitions officielles Modifier

La croyance universelle en l'assomption de Marie a été confirmée par la réponse affirmative de l'épiscopat catholique consulté par Pie XII en 1946. Le pape, en effet, après avoir adressé une lettre à tous les évêques du monde, demandant si l'assomption corporelle de Marie pouvait être définie comme dogme, et devant la réponse affirmative de presque tous proclama, le 1er novembre 1950, par la Constitution apostolique Munificentissimus Deus, cette vérité de foi : « L'immaculée et toujours vierge Marie, Mère de Dieu, au terme de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire du ciel. »

La constitution dogmatique Lumen gentium (21 novembre 1964) du IIe concile du Vatican déclare également : « Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort. »

Dévotion Modifier

De nombreuses traditions locales (veillées, processions, pèlerinages) accompagnent la fête du 15 août. Elles sont particulièrement nombreuses en France, p.ex. :

  • au Puy-en-Velay (Haute-Loire),procession derrière la Vierge noire
  • à Rocamadour (Lot), visite de nuit des sanctuaires
  • en Bretagne, feux de joie ("tantad") à Notre-Dame de Rostronen (après une veillée et une procession) et à Guern (en l’honneur de Notre-Dame de Quelven ; on fait descendre un "ange" du clocher par un jeu de cordes et de poulies), à Rumengol, au Faou et à Kernitroun (avec des bannières, tradition qui retrouve vie)
  • en Bretagne, dans des ports comme Minihic-sur-Rance (Ille-et-Vilaine), un procession aboutit au bord de l'Océan ; le prêtre, depuis un bateau décoré, prononce une bénédiction avant que les marins jettent une gerbe en hommage aux marins morts en mer
  • à Lyon, procession aux flambeaux puis chapelet à Fourvière
  • à Marseille, procession aux flambeaux à Notre-Dame-de-la-Garde

Iconographie Modifier

Dans la tradition orientale, qui met l'accent sur la Dormition, Marie est figurée couchée, entourée des Apôtres, et c'est le Christ lui-même qui, descendu du Ciel, vient chercher l'âme de sa Mère, représentée sous la forme d'un nouveau-né emmailloté.

La tradition occidentale montre Marie emportée vers le Ciel, généralement entourée d'anges. Le couronnement de la Vierge au Ciel, dernier mystère glorieux du Rosaire, est l'aboutissement de l'Assomption.

Liturgie Modifier

L'oraison de la messe de la vigile, qui provient du sacramentaire papal du VIIIe siècle (grégorien), souligne le lien entre l'assomption de Marie et sa maternité divine: « Tu lui as donné la grâce et l'honneur de devenir la mère de ton Fils unique et tu l'as couronnée, en ce jour, d'une gloire sans pareille ». Dans la messe du jour de la fête, nous relevons trois idées essentielles, toutes centrées sur la double dimension, personnelle et ecclésiale, de l'événement :

a) L'oraison du jour met en relation l'assomption de Marie avec son immaculée conception et sa maternité divine. L'un des fondements du dogme est la prédiction de la victoire définitive de la Femme sur le serpent (Modèle:Gn 3, 15) et sur les trois malédictions dont la mort fait partie (1 Co 15, 55). Et il y a plus : dans l'évangile de Luc, la Comblée de grâce (1, 28) est saluée par Élisabeth d'une bénédiction unique (1, 42) qui montre bien que Marie n'a pas été soumise à la malédiction de Modèle:Gn 3, 19, mais qu'elle est associée à la bénédiction de son Fils.

b) La préface, qui s'inspire de la Constitution de Vatican II Lumen Gentium (n° 68), appelle Marie « parfaite image de l'Église à venir » et proclame : « (Seigneur), tu as préservé de la dégradation du tombeau le corps qui avait porté ton propre Fils et mis au monde l'auteur de la vie... » En ce jour de l'assomption de Marie, c'est aussi le mystère pascal du Christ que nous célébrons. Le lien inséparable qui unit la Mère et le Fils donne un sens particulier à cet événement, comme le soulignent les lectures bibliques de la messe (1 Co 15, 20 26) et de la Liturgie des heures (Modèle:Ep 1, 16 ; 2, 10). La pré-rachetée est aussi la pré-ressuscitée : « Le Christ est monté au ciel, il a préparé pour sa mère une demeure éternelle, alléluia » (1ère ant. des vêpres de la veille). La glorification de Marie est bien le couronnement de son cheminement de foi et de grâce, qui l'a conduite jusqu'au pied de la croix (Jn 19, 25).

c) La première lecture de la messe (Modèle:Ap 11 12) semble établir un parallélisme entre la Femme, la Fille de Sion et l'Église de la nouvelle alliance. Ainsi Marie, élevée au ciel, devient l'icône eschatologique de l'Église et, par son intercession, elle aide les hommes à « parvenir à la gloire de la résurrection » (prière d'après la communion).

Voir aussi : Modifier

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