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Guillaume d’Ockham (ou d'Occam) (1285 - 1347) est un Frère mineur anglais, philosophe et théologien scolastique, considéré comme l’un des initiateurs du nominalisme. C'est l’un des plus éminents penseurs de la scolastique, avec Thomas d’Aquin et Duns Scot. On l’a surnommé « Venerabilis Inceptor » (Vénérable initiateur).


Sa Vie Modifier

Guillaume est né à Ockham, petit village du Surrey, au Sud-Ouest de Londres (Angleterre). On ignore à peu près tout de son enfance. Il entra chez les Frères mineurs, étant assez jeune. On pense qu’il étudia la théologie à l’université d’Oxford entre 1309 et 1321, avec peut-être un séjour à Paris, semble-t-il sans jamais achever sa maîtrise. On ignore tout de son premier enseignement, probablement dans une maison d’études des Frères mineurs, et quelles sont ses œuvres de cette première période. Vers 1324, il fut suspecté d’hérésie et dénoncé par le chancelier de l’université, John Lutterel et dût se justifier à Avignon, devant le pape Jean XXII (c’est du moins ce qui est retenu par la plupart des historiens). On pense qu’il dut résider quatre ans en Avignon. Durant ce temps, une commission 'ad hoc' entreprend de réviser son Commentaire des Sentences, et d’en débattre avec Guillaume.

En Avignon il se lie avec le ministre général Michel de Césène et avec les frères qui défendent la pauvreté intégrale, à l’imitation du Christ, tandis que le Pape vient de condamner la stricte pauvreté du Christ et des Apôtres. Lorsque Michel de Césène est déposé et doit quitter Avignon, Guillaume d’Ockham s’enfuit de la ville, pour échapper à la prison, et va rejoindre les frères qui se réfugient auprès de Louis IV de Bavière. Ce dernier brigue d’être désigné comme empereur du Saint Empire Romain, contre la volonté du Pape. Il se fait couronner à Rome et, ayant été excommunié, fait élire un antipape, Nicolas V. Guillaume s’oppose alors aux écrits de Jean XXII qu’il déclare suspects d’hérésie. Guillaume est excommunié à son tour, mais ses écrits philosophiques et théologiques ne sont pas condamnés. Il écrit alors plusieurs traités pour relativiser le pouvoir temporel du Pape et pour répartir les pouvoirs : au pape, le spirituel, à l’empereur ou aux princes, le temporel.

On ignore presque tout de la fin de sa vie. Il semble avoir été le principal leader des frères exilés auprès de Louis de Bavière, surtout après le décès de Michel de Césène (1342). Il meurt en Bavière, au couvent de Munich, le 9 avril 1347 (ou 1348 ?).

Grand théologien, il fut le théoricien et le chef de file du nominalisme, et le précurseur de l’empirisme anglais. Son esprit pré-scientifique a inspiré le personnage de Guillaume de Baskerville dans le roman et le film Le Nom de la rose (livre d'Umberto Eco).

Sa Pensée Modifier

Ockham voudrait une réforme radicale de la pensée scolastique qu’il considère comme trop complexe, surtout chez ses prédécesseurs immédiats : Henri de Gand ou Jean Duns Scot. Il emprunte à ce dernier sa conception de l’omnipotence divine, sa théologie de la grâce et de la justification, ainsi que plusieurs concepts dans l’ordre de l’éthique. Mais il n’hésite pas à le critiquer, en philosophie, sur le problème des universaux et de l’individuation, comme en théologie, sur sa conception de la prédestination, de la pénitence sacramentelle, etc.

Le NominalismeModifier

Le terme nominalisme n’est apparu qu’à la fin du XVe siècle. Ockham, philosophe et logicien, quant à lui, se considère comme un terministe, c'est-à-dire pratiquant la logique qui analyse le sens des termes. On peut cependant le considérer comme initiateur du nominalisme en ce qu’il a refusé toute objectivité ou réalité aux Universaux, c'est-à-dire aux idées générales qui regroupent, sous un nom collectif, des entités individuelles ayant quelque ressemblance entre elles, comme par exemple, « humanité », « animal », « beauté » « blancheur », etc. Pour lui, c’est l’esprit humain qui crée des noms, par commodité. Il s'agit d'un langage utile pour l’organisation du savoir, mais qui ne correspond pas à des êtres existants, individus, êtres particuliers, et qui n’apporte aucune nouvelle connaissance. Les nominalistes n’accordent aucune universalité à ces êtres virtuels, en dehors de leur utilité pour l’esprit qui les observe. En bref, seul l’être singulier est réel, tandis que l’universel n’a d’existence que dans l’esprit du locuteur. Bien entendu, les théologiens vont s’émouvoir d’une philosophie qui n’accordait aucune existence réelle aux concepts de Bien, d’Âme, d’immortalité, concepts qui pourtant leur semblent indispensables pour parler de Dieu ou de l’homme comme créature spirituelle. Cependant Ockham ne va pas jusqu’à considérer les universaux comme de simples mots, puisqu’ils correspondent à des idées. C’est pourquoi on le considère plutôt comme un conceptualiste.

Le « Rasoir d’Ockham »Modifier

On désigne ainsi un principe de logique selon lequel toute proposition doit s’énoncer avec une ‘parcimonie’ de discours et de mots, en évitant toutes les distinctions et subtilités qui ne peuvent qu’embrouiller la pensée. Ockham le formule ainsi : Entia non sunt multiplicanda sine necessitate. Il récuse ainsi quelques distinctions fameuses en philosophie scolastique, comme la distinction entre essence et existence, intellect actif et intellect passif, ainsi que les « fausses raisons » pour prouver l’existence de Dieu, son unité, son infinité ou son éternité, puisqu’il n’appartient pas à la raison humaine de les concevoir, mais simplement d'en accueillir la Révélation. Pour la même raison, il prône une philosophie totalement séparée de la théologie. Il considère que les mathématiques n’ont pas d’existence réelle, ou séparée, mais qu’elles s’appliquent aux autres catégories d’existants. Il jette ainsi les bases des sciences modernes.

En politiqueModifier

Il réclame une totale séparation entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel et se fait ainsi le premier théoricien de la séparation de l’Église et de l’État. Il introduit la notion de domaine séculier ou naturel, et récuse tout absolutisme qui se réclamerait d’un droit divin ou d’un « ordre des choses ». Il sera ainsi considéré comme un appui pour les théories conciliaristes qui s’opposent au pouvoir du Pape. On a vu aussi en lui un précurseur des idées démocratiques.

Les théories philosophiques et politiques d'Ockham furent interdites d'enseignement à l'Université de Paris, en 1339. - Et, en 1473, un édit du roi de France, Louis XI, interdit l'ockhamisme et exigea un serment des maîtres, afin qu'ils enseignent le réalisme.

Son œuvreModifier

Edition moderne des œuvres d'Ockham : 1967-88. Opera philosophica et theologica. Gedeon Gál, et al., ed. 17 vol. St. Bonaventure, N. Y.: The Franciscan Institute.

Ecrits Philosophiques :
  • Summa logicae (Somme de Logique) (avant 1327), imprimée à Paris 1448, Bologne 1498, Venise 1508, Oxford 1675.
  • Quaestiones in octo libros physicorum, (Sur les 8 livres de la Physique) (avant 1327), Rome 1637.
  • Summulae in octo libros physicorum, (Petite somme sur les 8 livres de la Physique (avant 1327), Venise 1506.
  • Quodlibeta septem (avant 1327), Paris 1487.
  • Expositio aurea super artem veterem Aristotelis, 1323.
  • Major summa logices, Venise 1521
  • Quaestiones in quattuor libros sententiarum, Lyon, 1495.
  • Centilogium theologicum, Lyon 1495.
Ecrits théologiques :
  • Questiones earumque decisiones, Lyon 1483.
  • Quodlibeta septem, Paris 1487, Strasbourg 1491.
  • Centilogium, Lyon 1494.
  • De sacramento altaris and De corpore christi,(Le Sacrement de l'autel et Le Corps du Christ) Strasbourg 1491, Venice 1516.
  • Tractatus de sacramento allans.
Ecrits politiques :
  • Opus nonaginta dierum (L'œuvre des 90 jours) (1332), Leuven 1481, Lyon 1495.
  • Dialogus, ( 1332) Paris 1476. Lyons 1495.
  • Super potestate summi pontificis octo quaestionum decisiones (Sur le pouvoir pontifical, 8 solutions des questions)(1344).
  • Tractatus de dogmatibus Johannis XXII papae (Traité dogmatique de Jean XXIII)(1333–34).
  • Epistola ad fratres minores, (Lettre ax Frères mineurs) (1334).
  • De jurisdictione imperatoris in causis matrimonialibus, (La juridiction de l'Empereur dans les causes matrimoniales), Heidelberg 1598.
  • Breviloquium de potestate tyrannica. (Bref discours sur le pouvoir tyranique)(1346)
  • De imperatorum et pontificum potestate (Du pouvoir des empereurs et des papes) (appelé aussi le 'Defensorium') (1348)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Vignaux Paul, D.T.C., art. « Nominalisme », Paris, Letouzey et Ané, 1930.
  • Vignaux Paul et E. Amann, D.T.C., art. « Occam », Paris, Letouzey et Ané, 1930.
  • Baudry Léon, Guillaume d'Occam : sa vie, ses œuvres, ses idées sociales et politiques, Paris, Vrin, 1949
  • Baudry Léon, Lexique philosophique de Guillaume d'Ockham, Paris, P. Lethielleux, 1958.
  • Bérubé Camille, La connaissance de l'individuel au Moyen Âge, Montréal-Paris, Presses de l'Université de Montréal, 1964
  • Alféri Pierre, Guillaume d'Ockham, le singulier, Paris, Minuit, 1989.
  • Michon Cyrille, Nominalisme : la théorie de la signification d'Occam, Paris, Vrin, 1992.
  • Panaccio Claude, Les mots, les concepts et les choses. La sémantique de Guillaume d'Occam et le nominalisme d'aujourd'hui. Paris, Vrin, 1992
  • Bastit Michel, Les principes des choses en ontologie médiévale: Thomas d'Aquin, Scot, Occam. Bordeaux, Bière 1997.
  • Biard Joël, Guillaume d'Ockham et la théologie, Paris, Cerf, 1999.
  • Hamman Adalbert, La doctrine de l'Église et de l'État chez Occam : étude sur le “Breviloquium” Paris, Editions franciscaines, 1942.

Liens internesModifier

Sur le webModifier

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