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Le Troisième Concile œcuménique de Constantinople, appelé aussi "Concile in Trullo", a été célébré entre 680 et 681. Le "Trullo" est une salle du palais impérial à Constantinople où se déroula le concile. C'est le 6e des 21 conciles œcuméniques reconnus comme tels par l'Eglise. Il a condamné le monothélisme : dans le Christ, unique personne, Dieu et homme, il y a deux volontés et deux activités. Ce Concile a été confirmé par les papes Agathon et Léon II, sous le pontificat desquels il se déroula, à Constantinople, du 7 novembre 680 au 16 septembre 681. Il réunit 160 évêques.

Déroulement Modifier

Avec l'empereur Héraclius, la querelle est rengagé sur le terrain du monothélisme. Pendant que Héraclius est pris dans des luttes de pouvoir à Constantinople, les Perses envahissent Jérusalem. Le partiarche Sergius anime la résistance et Héraclius ira vainqueur jusqu'à Ninive. Héraclius et Sergius veulent se réconcilier les monophysites pour consolider l'empire. Le patriarche de Jérusalem réaffirme alors les deux natures dans le Christ mais prône une seule activité divinohumanie. Un pacte d'union est signé en 633 avec les monophysites d'Egypte. En 634, Sophronius, nouvellement élu patriarche de Jérusalem refuse de signer le traité. Alerté et conseillé par Sergius, le pape Honorius laisse passer une phrase regrettable que l'empereur Héraclius s'empresse d'inclure dans l'édit d'union (echtèse) : "nous professons aussi la volonté unique de notre seigneur Jésus Christ". Les futurs papes mis au courant condamneront cette phrase et arriveront même à organiser une résistance contre cet édit autour de Maxime de Chrysopolis, disciples de Sophronius. Constant II révoque l'echtèse et interdit de parler de ce problème. Martin I, au synode du Latran condamne le monothélisme (une seule volonté en Jésus Christ). La critique se fit en trois points. Les nouvelles doctrines sont inconséquentes, en cherchant à prouver qu’en Christ il n’y a qu’une volonté ils arrivent à affirmer qu’il n’en a pas de tout ou au moins qu’il ne faut pas en parler. Ensuite ces doctrines ne sont pas compatibles avec l’enseignement des conciles. Enfin, ils sont souvent en accord avec les hérésies connues. Il est déporté par l'empereur Constant II et périt en exil. Maxime est persécuté, sa main droite et sa langue sont coupés et il devient Maxime le confesseur. L'évêque Théodose contre le synode du Latran s'exclame : "le synode de Rome n'a pas de force puisqu'il a eu lieu sans ordre de l'empereur". Rome réaffirme que "la sainte règle de l'Église reconnaît pour saints et approuvés les synodes qu'elle met à part et dont elle approuve l'exactitude de la doctrine". Un schisme s'ensuit de 640 à 681.

Alors que Constant II est installé à Syracuse, il meurt brutalement assassiné. Le nouveau pape Vitalien reste fidèle à la dynastie des héraclites. Constantin IV lui en sera reconnaissant. Le troisième concile de Constantinople réaffirme les deux activités et les deux volontés du Christ, l'une divine et l'autre humaine, la volonté humaine était subordonnée à la volonté divine. Il condamne le monothélisme et lance un anathème sur la mémoire du pape Honorius. Le concile in Trullo complète les canons disciplinaire du 5 et 6 concile œcuménique et consacre la suprématie de Constantinople. Les patriarcats monophysites d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem préfère passer sous domination arabe. Le concile entend légiférer pour toute l'Église et critique la discipline romaine qui impose la continence aux diacres et aux prêtres. Constantinople l'exige uniquement des évêques. Des tensions s'ensuivent avec Rome.

Contenu Modifier

Les patriarches Serge de Constantinople et Cyrus d'Alexandrie, pour établir un consensus avec les monophysites, parlent d'une seule opération théandrique. Cette sentence vient du Pseudo Denys, mais replacée dans son contexte historique, les mots ne signifiaient pas la même problématique. Cette phrase déduit de l'agir unique du Christ un unique principe d'activité, d'un unique mode d'agir. Or si la liberté et l'agir est bien du côté de la personne, le mode d'action est lui du côté de la nature. Il y a donc deux activités et deux volontés dans le Christ mais un unique agir du Christ. On parlera avec Blondel de la distinction entre volonté voulue et volonté voulante. Dans les écritures, la volonté du Fils est parfois distincte de celle du Père : (Jn 6:38) je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. et (Mc 14:36 ) " Abba Père ! tout t'est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! ".

Lorsque Serge parle d'une seule activité, c'est pour refuser de considérer deux volontés, l'une divine, l'autre humaine qui peuvent s'opposer. Il y a ici confusion entre altérité et opposition. Ce n'est pas parce que deux volontés sont différentes qu'elles s'opposent nécessairement. Ainsi dans la scène de la tentation, Jésus n'a pu être tenté que dans sa volonté humaine et pourtant celle-ci est toute entière tournée vers Dieu, ou encore dans la scène de l'agonie, il y a bien deux volontés mais elles ne s'opposent pas : la volonté humaine coïncide, quoique douloureusement avec celle de Dieu. Au contraire, fidèle à son monothélisme, Serge voit dans le moment de résistance le mouvement naturel de la chair et non pas l'expression d'une volonté pleinement humaine. On retrouve ici des traces d'Apollinarisme : Jésus n'a pas d'âme humaine et des relents de docétisme : la divinité de Jésus se cache derrière une humanité de façade.

Le pape Honorius, qui fut contre les polémiques, jugées inutiles et grammaticales, s’exprima au début pour une volonté du Seigneur Jésus Christ, celui-ci n’ayant pas une autre loi que celle de ses membres, et n’ayant donc pas une volonté différente ou contraire. Il réalisa, avec le temps que chaque nature, l’humaine et la divine, produit ses propres effets en communion avec l’autre, même s’il refuse encore à en parler comme des activités.

Contre Serge (et contre le pape Honorius Ier qui avait accepté la formule "une seule activité" !), Sophrone puis son disciple Maxime élèvent leur voix. Sophrone, patriarche de Jérusalem, (633/634-) rejeta la thèse d’une seule activité : de même qu’il y a deux natures dans le Christ, de même y a-t-il aussi en lui deux propriétés correspondantes à chacune d’elles. Le Christ donna permission à la nature humaine de souffrir ce qui est propre à cette nature lorsqu’il le voulut et le jugea utile pour ses contemporains. Ce n’est pas clair ce que Sophrone pensa de deux volontés. Maxime qui est le véritable penseur de Constantinople III affirment les deux natures du Christ, deux activités et deux volontés en lui : il voulait et il opérait en même temps divinement et humainement à notre salut. Divinement, car il donne à l'homme de pouvoir se libérer du péché par son exemple, ses miracles et ses sacrements ; humainement, car en lui, l'homme coopère parfaitement à la grâce de Dieu. Il assume notre liberté et sauve notre volonté en la divinisant : il fallait que le salut pour être complet fut aussi l'œuvre d'une liberté humaine pleinement engagée. Ce que la scène de l'agonie nous révèle, c'est que l'activité humaine de Jésus se tient devant Dieu avec une absolue différence (ce qui ne signifie pas opposition). Maxime payera durement son opposition : il sera déporté, aura la main droite et la langue coupé. Cela lui vaudra le surnom de Maxime le Confesseur.

On peut se demander si voir deux volontés en Jésus n'est pas une aberration anthropologique. Dans l'évangile, cette distinction des deux volontés passent par la relation Père / Fils : sur la croix, la volonté du Père et celle du Fils montre une mystérieuse distance. La volonté divine, c'est avant tout celle du Père et la volonté humaine, c'est avant tout celle du Fils qui obéit par amour au Père. Bien sûr, parce que le Verbe est engendré avant les temps, la volonté du Père se trouve aussi dans celle du Fils : il n'y a qu'une volonté divine. Mais en s'incarnant, en se faisant homme, il appartient au Verbe d'actualiser cette volonté divine humainement : dans l'économie de l'incarnation, la tâche reste entière pour [Jésus] d'actualiser la relation filiale, qui le constitue comme personne divine, dans une existence et une condition humaine (Sesboüé). Jésus est alors à la fois libre comme Dieu, car la liberté divine, c'est simplement d'être : il est celui qui est. (Jn 8:58 Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham existât, Je Suis") Mais il est aussi libre comme un homme, puisqu'il se constitue Fils par son histoire (Hb 5:8 tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance).



Modèle:Concile

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