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L'Inquisition (du latin inquisitio, "enquête ") est un ensemble de tribunaux ecclésiastiques destinés à réprimer ceux qui, spécialement par leurs actions ou leurs œuvres littéraires, mettent en danger la foi ou les mœurs d'autrui et créent un risque de "scandale".

Il y a eu des tribunaux d'Inquisition spécialement entre le XIIIe et le XVIe s., sur le plan universel ("Inquisition romaine", devenue Saint-Office puis, aujourd'hui, Congrégation pour la doctrine de la foi) et sur le plan national (la plus célèbre étant l'Inquisition espagnole), avec des tâches, un mode d'action et une histoire distincts.

A la différence des autres juridictions d'Ancien Régime, qui fonctionnaient par classes (nobles, ecclésiastiques, tiers-état), les tribunaux d'Inquisition étaient des cours ecclésiastiques "d'exception" car universelles, sans distinction de classe et avec une claire et réelle autonomie par rapport au pouvoir politique. En ce sens, les tribunaux d'Inquisition sont les premiers tribunaux "modernes".

Mise en place de l'InquisitionModifier

Dés la fin du XIIe siècle, l'Église et le monde chrétien mettent en place un dispositif pour contrer les tendances hérétiques qui abondent à cette époque. Les bases de l'Inquisition épiscopales ont été jetées au concile de Vérone: La constitution du 14 novembre 1184 prévoit que les seigneurs laïques doivent prêter main forte à l'Église sous peine d'excommunication. En 1200, le concile d'Avignon envisage la mise en place dans chaque paroisse d'une commission composée d'un prêtre et de laïcs, avec la charge de dénoncer les hérétiques et leurs complices. En 1220, l'empereur Frédéric II décrète que l'hérétique reconnu comme tel par l'évêque serait arrêté sur le champ et livré au feu.[1]

En 1229, à la suite du traité de Paris qui met fin à la Croisade des Albigeois, un concile réuni à Toulouse précise la procédure d'enquête: Les hérétiques sont passibles de l'animadversio debita, c'est-à-dire du supplice du feu. On peut confisquer les biens de leurs complices et raser leur maison. Les repentants perdent la capacité civile et doivent porter deux croix sur leurs vêtements. Mais ceux qui se rétractent seulement par commodité sont incarcérés à vie. [1]

En 1231, Grégoire IX confirme les décisions du concile de Toulouse dans la constitution Excommunicamus. Pour appliquer cette constitution dans l’Empire, Grégoire IX, désigne un prêtre séculier Conrad de Marbourg, avec le droit de choisir ses collaborateurs, d'user de l’excommunication et de faire appel au bras séculier, c'est-à-dire au pouvoir civil. Ses pouvoirs sont illimités. Fanatique et sans discernement, Conrad de Marbourg se heute rapidement aux prélats et il termina assassiné. L’Office ne se relève pas de cet échec à l’intérieur de l’Empire. Mais, dans d'autres régions, l’Inquisition se développe très rapidement. Le pape fait ensuite appel aux dominicains: Par sa bulle Humani generis, il donne mission aux prieurs de Ratisbonne, de Friesach et de Strasbourg de poursuivre les coupables et leurs aides. Une législation précise donne ainsi les moyens à un tribunal d’exception d'appliquer le châtiment des ennemis de la foi: c’est la naissance de l’Inquisition.[2]

Les dominicains envoyés par le pape sont recommandés aux évêques avec le titre d'Inquisiteurs et la responsabilité du negotium fidei, l'affaire de la foi. A partir de ce moment, le tribunal de l'évêque est relégué à l'arrière-plan. Il est à noter cependant que Dominique, mort en 1221 n'a jamais trempé dans l'Inquisition. En 1252, Innocent IV autorise l'utilisation de la torture pour obtenir des aveux.[1]

Fonctionnement de l'inquisitionModifier

Pour comprendre l'originalité de l'Inquisition, il faut avoir en tête que jusqu'en 1231, la punition des hérétiques était une pratique bien établie et découlait notamment des prescription du IIe concile du Latran en 1139: La recherche des hérétiques était l'affaire des évêques, alors que la punition revenait aux juges séculiers. Très différente est l’Inquisition: elle est un tribunal d’exception, permanent, compétent dans toutes les affaires intéressant la défense de la foi. Elle doit son nom à la procédure inquisitoire, c'est-à-dire la recherche d’office des suspects par le juge. Dans le domaine qui est le sien, elle dessaisit, en fait sinon en droit, la juridiction de l’évêque. L’Inquisition ne peut remplir son rôle qu'avec le concours du pouvoir civil qui lui fournit ses moyens d’existence et assure l’exécution de ses sentences. A une époque où la vie de toute colectivité repose sur l’unité de religion, les intérêts de l’État et de l’Église se trouvent confondus au sein de cette juridiction.[2]

Légende noire Modifier

L'Inquisition est elle-même devenue cause de "scandale", synonyme d'enquête rigoureuse mais vexatoire et entachée d'arbitraire. Comme tous les tribunaux du Moyen Âge et de la Renaissance, l'Inquisition recourait régulièrement à la pression physique voire à la torture afin d'extorquer des aveux. Cette pratique universelle avant l'époque moderne - en France, c'est Louis XVI qui abolit la torture en 1782 - paraît aujourd'hui choquante et incompatible avec l'Evangile.

L'Inquisition est également devenue cause de "scandale" parce qu'une fois l'enquête conclue et le jugement prononcé, l'exécution de la peine (qui pouvait être une mise à mort, un supplice, etc.) n'était pas assumée par l'Eglise, qui a "horreur du sang", mais par le "bras séculier" (remise du condamné aux autorités civiles). Cette distinction des rôles, qui permettait à l'origine d'éviter des abus de la part des princes séculiers ou une compromission de l'Eglise dans des actes sanglants, a fini par être perçue comme une hypocrisie et a contribué à créer une "légende noire".

Galilée a été condamné par l'Inquisition à la Renaissance et assigné à résidence. L'erreur de jugement de l'Église a été officiellement reconnue par Jean-Paul II en 1992, devant l’Académie pontificale des sciences.


Notes et référencesModifier

  1. 1,0, 1,1 et 1,2 Antonin-Marcel Henry et Jean Chélini, La longue marche de l'Église, Elsevier-Bordas, 1981
  2. 2,0 et 2,1 Yves Dossat, article Histoire de l'Iquisition, dans Encyclopedia Universalis, 2000

Voir aussiModifier

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