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La résurrection, victoire de la vie sur la mort, est le mystère qui est au cœur de la foi et de l'espérance chrétiennes. "Christ est mort et ressuscité" : tel est le kérygme de l'Eglise, le cœur de la "Bonne Nouvelle". Le lien entre la croix et la résurrection est la trame du mystère pascal. La résurrection du Christ brise les liens de la mort et annonce la résurrection glorieuse, à la fin des temps, de ceux qui sont sauvés, et dont l'âme immortelle retrouvera son corps, mais corps glorieux (à la différence de la réincarnation), pour une béatitude sans fin.

Dans l'attente de cette résurrection de toute l'humanité, la résurrection de Jésus nous montre déjà ce qui en est le cœur : elle est une automanifestation gratuite de Dieu, elle révèle de façon définitive qui est Dieu et elle inaugure la fin de l'histoire.

Les fondements du mystère pascal Modifier

La prédication de Jésus Modifier

Jésus au cours de sa prédication n'était pas seulement un homme qui croyait à la résurrection des morts au jour du jugement dernier mais aussi un homme qui croyait qu'il allait inaugurer cette résurrection pour tous les hommes. Ceci faisait partie de son enseignement : le signe de Jonas en Mt 12,40 (Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson, de même le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre) et même ses actions témoignaient déjà d'une puissance de résurrection (la fille de Jaïre, Mc 5,21 le fils de la veuve de Naïn en Lc 7,11 et la résurrection de Lazare en Jn 11).

Cependant, cette résurrection annoncée demeurait incompréhensible pour les disciples et ceci malgré la notoriété de Jésus comme homme vivant une relation particulière avec Dieu, comme prophète du Royaume de Dieu, comme détenteur d'une autorité qui se traduisait par une liberté par rapport aux institutions et au culte juifs et par les actes d'exorcismes et de miracles. Il faudra au contraire que la résurrection survienne pour éclairer rétrospectivement la compréhension que les disciples avaient de son enseignement, ainsi l'annonce du temple détruit et relevé : Jésus leur répondit: Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs dirent: Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras! Mais il parlait du temple de son corps. C'est pourquoi, lorsqu'il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Ecriture et à la parole que Jésus avait dite. (Jn 2,19-22)

La croix Modifier

La croix est un fondement paradoxal de la résurrection car elle semble la contredire la gloire que la résurrection entraîne : cette mort est la plus honteuse de toute (Flavius Josèphe), elle est signe de malédiction même dans la bible (Dt 21,22-23 : Si l'on fait mourir un homme qui a commis un crime digne de mort, et que tu l'aies pendu à un bois, son cadavre ne passera point la nuit sur le bois; mais tu l'enterreras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu, et tu ne souilleras point le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne pour héritage. ) et elle sera cause de crise et de rejet des disciples au moment de l'arrestation de Jésus. la croix oblige donc à plonger dans la résurrection comme dans un mystère : nous proclamons, nous un Christ crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui ont appelés, Juifs et grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. (1 Corinthiens 1:23)

En effet, si la croix est un scandale, elle est assumée par Dieu pour se révéler : Ne fallait-il pas que le Christ endurât toutes ces souffrances pour entrer dans la gloire ? (Lc 24,25). La croix est en effet le résultat de la fidélité de Jésus à sa mission : un prophète qui veut manifester Dieu est en butte avec le péché des hommes. Elle est aussi la traduction du don de Jésus : la scène montre Jésus assumant cette croix librement en y inscrivant une signification nouvelle, le don de sa vie pour les pécheurs (Jean 15:13 Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.). Enfin, la croix est le témoignage (martyre) de la miséricorde de Dieu : Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font (Lc 23,24).

La foi des disciples Modifier

la question demeure pourtant de savoir comment les disciples ont pu faire l'expérience de la résurrection malgré l'incomprénesion dont ils avaient fait preuve du vivant de Jésus et malgré le scandale que la croix entraîne. La résurrection entraîne un tel choc que l'on peut parler d'une véritable discontinuité entre la foi de la communauté prépascale et la communauté postpascale. L'hypothèse de la foi en la résurrection comme aboutissement harmonieux de la foi de la communauté prépascale n'est en effet pas tenable :

  • un messie tué et ressuscité ne faisait pas partie de l'attente messianique du peuple juifs à l'époque de Jésus, encore moins celle d'un messie crucifié :Quoi? leur dit-il. Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,

et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l'ont livré pour le faire condamner à mort et l'ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées. (Lc 24,19s)

  • si Jésus a pu prêcher sa mort, sa passion et sa résurrection, et même discuter de la nature de la résurrection générale en Mc 12,18-27, "ni la prédiction de sa passion, ni les deux autres annonces (Mc 8,31, 10,33-34) ne précisent la nature de sa mort violente (la crucifixion) ou la nature eschatologique et glorieuse de sa résurrection" (Dictionnaire de Théologie fondamentale).
  • les apparitions ne sont pas une accession harmonieuse à une vérité plus haute : les éléments de chocs et de stupeur contenus dans ces récits d'apparitions soulignent une transition discontinue entre la foi de la communauté prépascale et la foi et la communauté postpascale : [Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé] entrèrent dans le sépulcre, virent un jeune homme assis à droite vêtu d'une robe blanche, et elles furent épouvantées. Il leur dit: Ne vous épouvantez pas; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié; il est ressuscité, il n'est point ici; voici le lieu où on l'avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. Elles sortirent du sépulcre et s'enfuirent. La peur et le trouble les avaient saisies; et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi. (Mc 16,8p).

Au reste, les évangiles, notamment la péricope des disciples d'Emmaüs (Lc 24,13s) nous montrent une communauté désespérée, en train de se dissoudre après la mort de Jésus. L'annonce du tombeau vide ne convainc pas, car il peut s'expliquer par l'enlèvement du corps. Avant les apparitions de Jésus réssuscité, la foi des disciples semblent bien avoir disparue.

Les apparitions de Jésus ressuscité Modifier

C'est ici qu'il faut introduire les apparitions de Jésus ressuscité. C'est sur cette manifestation gratuite de Dieu en son fils Jésus que repose la foi des apôtres. Ces apparitions qui durent jusqu'à l'ascension, les évangiles en donnent des descriptions différentes : l'ordre des apparitions et l'intervalle chronologique ne coïncident pas parfaitement.

Ces apparitions ont plusieurs caractéristiques :

  • elles insistent sur le caractère concret de la résurrection : Jésus est vu (ce n'est pas une vision intérieure mais aussi une vision extérieur), il montre ses plaies, mange, dit ne pas être un fantôme et répète les gestes qu'il faisait auparavant (la fraction de pains) (Lc 24).
  • elles sont réservées aux apôtres et non à tout le peuple. Même les gardes du tombeau, pourtant éblouis pas la théophanie ne voient pas le corps (Mt 28,4). Ces apparitions en effet, pour concrètes qu'elles soient, ne suppriment pas la foi. Seulement par la foi, on peut rendre compte de la signification de ces apparitions qui dépassent ce que l'œil peut voir : parce que tu me vois tu as cru, heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru (Jn 20,29)
  • Aussi, pour signifier ce caractère glorieux, les évangiles, surtout Matthieu reprennent les images traditionnelles de l'eschatologie ( Et voici, il y eut un grand tremblement de terre; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre, et s'assit dessus. Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige. Mt 28,1-3) Désormais en Jésus Christ se manifeste la transcendance de Dieu.
  • Ces apparitions débouchent sur un appel à la mission apostolique.

L'approfondissement de l'expérience pascale Modifier

Cette foi en la résurrection de Jésus est à l'origine du christianisme, elle est le noyau dur de la prédication apostolique (Ac 2,22-35) et du kérygme (1 Co 15:14) Et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. Pour en saisir l'ampleur, les apôtres ont scruté les écritures à la lumière de la résurrection (Lc 24,44-45 : Puis il leur dit: C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous, qu'il fallait que s'accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l'esprit, afin qu'ils comprissent les Ecritures. ).

La résurrection devient alors l'accomplissement des promesses prophétiques telles que le serviteur souffrant, la venue du Fils de l'homme, la glorification du saint de Dieu. Les écritures permettent aussi de donner un certain nombre d'expression pour traduire ce mystère: pierre angulaire rejetée les bâtisseurs (Ps 118), nouvelle Adam (Ps 8), saint arraché à l'Hadès (Ps 16). Ces citations permettent de dégager des titres christologiques que la traditions attribuera à Jésus. Ces titres permettent de dépasser les catégories humaines pour parler de la résurrection de Jésus  : par sa résurrection et la glorification qui lui est associée, Jésus a été constitué Christ, Fils de Dieu et Seigneur.

Christ Modifier

Ce terme est marqué par une double équivoque au temps de Jésus. D'abord le mécontentement face à l'envahisseur romain poussait à voir dans le Christ un libérateur politique. Ensuite, l'euphorie messianique attendait du messie qu'il soit le juge eschatologique (Mt 3,12). Jésus s'oppose à ces deux logiques (Mc 12,17 et Mt 11,6). Pourtant, la sainteté, l'autorité et la puissance de Jésus dans ses actions et dans ses actes poussent son entourage à se poser la question de sa messianité (Jn 4,29 Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait; ne serait-ce point le Christ?). Les disciples de Jésus voient d'ailleurs dans ce dernier le Christ : Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis? Pierre lui répondit: Tu es le Christ.(Mc 8,29). Cependant si leur foi est authentique, elle est encore imparfaite et ils ne comprennent pas ce que la messianité du Christ implique : Pierre, l'ayant pris à part, se mit à le reprendre. Mais Jésus, se retournant et regardant ses disciples, réprimanda Pierre, et dit: Arrière de moi, Satan! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n'as que des pensées humaines. (Mc 8,33-34).

Ceci explique d'ailleurs l'attitude réservée de Jésus face à ce titre, ce qu'on appelle le secret messianique (Lc 4,41) : il accepte les confessions de ses disciples mais leur enjoint de se taire (Mt 16,20). Pour se débarrasser de l'équivoque de ce titre, il présentera l'image d'un serviteur souffrant qui offre sa vie à ses amis pour entrer dans la gloire de Dieu. Finalement, c'est quand ce titre sera débarrassé de toute équivoque qu'il pourra être appliqué à Jésus (Mc 15,32) mais ce tire est alors devenu motif de condamnation ! La messianité de Jésus est bafouée et est l'occasion de sa crucifixion : Matthieu 27:42 Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même! S'il est roi d'Israël, qu'il descende de la croix, et nous croirons en lui.

Finalement, c'est à la lumière de Pâques que la messianité de Jésus apparaît (Jn 12,6 Ses disciples ne comprirent pas d'abord ces choses; mais, lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent qu'elles étaient écrites de lui, et qu'ils les avaient accomplies à son égard.). Le christ est le serviteur souffrant qui donne sa vie pour ses disciples (Lc 24,46 Et il leur dit: Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu'il ressusciterait des morts le troisième jour).

Dire que Jésus est le Christ, c'est dire que les promesses de l'ancien testament s'accomplissent dans le Nouveau Testament. Il est le vrai Fils de David destiné à recevoir le trône de son père pour exercer sa royauté. C'est sa résurrection qui intronise son règne.

Fils de Dieu Modifier

C'est dans le terme Fils de Dieu que la conscience messianique au sujet de Jésus atteint son sommet. Luc 1:32 Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. L'idée d'une relation filiale avec Dieu n'est pas nouvelle mais elle est généralement comprise dans un sens collectif (Ps 82,6 ; Ex 4,22) ou pour des êtres célestes (Gn 6,2) ou pour les justes (Si 4,10) ou enfin pour le roi terrestre (ps 2,7). Dire que Jésus est le Fils de Dieu est en rupture avec l'usage traditionnel de ce mot puisqu'il est appliqué de manière personnelle à Jésus. Cette foi en la filiation divine de Jésus ne s'appuie pas sur des expressions de Jésus lui-même : l'équivoque que sous-entendait ce mot en rendait l'usage impossible pour Jésus. En effet, être fils de Dieu pour les contemporains de Jésus signifiait puissance et invulnérabilité (Mt 4,6 : et [Satan] lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.). Pour Jésus, la vrai filiation divine, c'est être nourri par la volonté de Dieu. Là aussi encore, il faut attendre la croix pour libérer ce mot de toute équivoque possible et pouvoir l'appliquer à bon droit à Jésus (Mc 15,39).

Si les chrétiens parlent de Jésus comme du Fils de Dieu, ce n'est cependant pas en contradiction avec ce que Jésus était. Ce titre ne fait qu'expliciter ce que Jésus par son attitude signifiait déjà : sa relation particulière à Dieu, son autorité et surtout l'appellation abba qui évoque la génération naturelle font du titre Fils de Dieu un titre en cohérence avec la personne de Jésus. On notera que les chrétiens disent aussi notre père mais par adoption.

C'est la résurrection qui éclaire le mystère de la filiation divine du Christ (Rm 1,4 : Jésus est déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection d'entre les morts, Jésus-Christ notre Seigneur). C'est le fils envoyé pour la réconciliation des hommes : je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi. (Ga 2:20). Pour Jean, Jésus est Fils de Dieu car il partage une même gloire et agit de concert avec Dieu (Jn 5,19s). Le père lui a tout donné, le pouvoir de ressusciter et de juger, car il l'aime. Enfin, Jésus retourne vers son Père pour une co-glorification. l'incarnation du Fils de Dieu, du Logos révèle le Père et nous sauve.

Seigneur Modifier

Ce titre est donné dès le début à Jésus mais cet emploi précoce ne doit pas cacher la signification divine de ce titre : Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu ! (Jean 20,28). Être Seigneur; c'est être doté d'un titre royal et divin. Ce titre est le plus haut que l'on puisse donner à Jésus

Dans l'ancien testament, la Seigneurie de Dieu s'étend sur toute la création et elle s'exerce d'une façon particulière sur le peuple d'Israël. L'emploi du mot Seigneur est aussi une tournure de phrase respecteuse pour éviter de prononcer le mot de Dieu et évoque le mystère et le nom incommunicable de Dieu. Le Nouveau Testament le transfert à Jésus (1 Corinthiens 16:22 Si quelqu'un n'aime pas le Seigneur, qu'il soit anathème! Maranatha. ). Depuis la Pâques, Jésus est le messie intronisé au ciel qui a inauguré son règne par le don de l'Esprit (Ac 2,33). Jésus est toujours le seigneur de la communauté post pascale, car toujours présent dans l'eucharistie, il est aussi le vrai juge dont on attend le retour dans la gloire.

Cette seigneurie est donc humaine : Jésus est la tête de l'Église qui est son corps et qu'il nourrit de sa présence (Il est la tête du corps de l'Église Col 1,18). Mais en désignant Jésus du titre de Seigneur, on veut dire que sa seigneurie est aussi divine. Il y a un transfert de la souveraineté de Yahvé sur Jésus : c'est lui qui avec le Père est adoré, c'est son nom qui est invoqué (Philippiens 2:9 C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom ).

Proclamer la résurrection Modifier

Le Nouveau Testament n'a pas une visée biographique : on n'y trouve pas par exemple un effort chronologique particulier mais des expressions vagues comme : en ce temps-là, ensuite ... Le Nouveau Testament lorsqu'il parle de Jésus organise ses actes, ses paroles et le souvenir que l'Église en a non pas selon une perspective historique mais selon une perspective évangélique. Cette perspective évangélique, c'est vouloir faire du Nouveau Testament une proclamation. Cette proclamation se veut unique et originale car elle veut proclamer Jésus, Christ mort et ressuscité. Avant, l'évangile était la proclamation du Royaume de Dieu par Jésus, mais à la lumière de la résurrection, cet évangile est devenu Jésus lui-même. C'est cet appel vibrant à croire en Jésus Christ qui organise le Nouveau Testament, des évangiles, aux actes des apôtre, aux lettres de Paul. Cet proclamation étant au cœur du Nouveau testament, celui-ci se développe non pas dans une perspective historico critique qu'elle n'exclut pourtant pas (Lc 1,1) mais dans un effort de relecture de l'évènement Jésus mort et ressuscité.

Cette dimension particulière du rapport au temps s'explique à la lumière pascale. En effet, dans l'évangile, narration et témoignage sont intimement liés. Le Jésus référé est moins le personnage historique que celui qui ressuscité continue d'agir et de parler au sein de la communauté ecclésiale. Et parce que cette personne qui vit dans la lumière de la résurrection est une personne historique, on raconte son histoire à la lumière pascale : les évangiles sont une anamnèse.

La résurrection dans l'histoire Modifier

Autant la proclamation de l'évangile était publique, autant la résurrection semble réservé à un groupe particulier d'hommes. C'est que la résurrection peut être accueilli non par le moyen d'une science objective (historique) mais par une relation personnelle de foi : ainsi les apparitions de Jésus ressuscité sont réservées aux apôtres et non à tout le peuple. Même les gardes du tombeau, pourtant éblouis pas la théophanie ne voient pas le corps (Mt 28,4). Ces apparitions en effet, pour concrètes qu'elles soient, ne suppriment pas la foi. Seulement par la foi, on peut rendre compte de la signification de ces apparitions qui dépassent ce que l'œil peut voir : parce que tu me vois tu as cru, heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru (Jn 20,29).

En effet, la résurrection se fait moins sur un mode objectif, phénoménal que sur un mode glorieux, spirituel. Corps terrestre et corps glorieux ne sont pas la même chose. Or l'histoire critique n'a prise que sur le corps terrestre qui naît, qui meurt, qui laisse une trace objective dans le temps et dans l'espace. Au contraire, le corps glorieux échappe au continuum spatio-temporelle. Jésus apparaît au milieu d'une pièce fermée, mais mange, boit et se fait reconnaître en refaisant les mêmes gestes qu'autrefois. Ni corps biologique, ni fantôme, c'est un corps spirituel (1 Co 15 44) qui, tourné vers Dieu (ascension) échappe à l'histoire. La résurrection est la réalité eschatologique que pointe précisément la fin de l'histoire. On rejoint ici deux conceptions différente de l'eschatologie : ou Jésus Christ est encore un acteur historique dont on attend le retour (millénarisme) ou il continue d'être présent mais sur un mode discret à notre histoire à travers son Église.


Quel est donc le rapport entre résurrection et histoire ? La résurrection a un point d'ancrage dans l'histoire : elle concerne une personne historique, Jésus dont on connaît de façon fiable des éléments biographiques (il né vers l'an 6 ...) Cependant, la résurrection elle-même échappe aux hommes : elle prend place entre le vendredi et le dimanche mais personne n'y assiste. Il n'y a que des marques postérieures de la résurrection : le tombeau vide, le témoignage dans la foi de personnes ayant vu le ressuscité. Ce sont des marques qui ne prouvent pas de façon objective la ressurection mais elles dessinent le chemin d'accès par la foi à la résurrection et montre la réalité pour les croyants de la résurrection. Aussi faut-il dépacer la question du rapport entre la résurrection et l'histoire vers une autre question : quelle est l'action de la résurrection sur le monde ? quelle est sa réalité ? Cette action, sa réalité se laissent observer à travers la foi et l'action de ceux qui veulent en témoigner, à travers l'action de l'Église.

BibliographieModifier

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