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La solidarité est le visage social de la charité ... (Jean Paul II)

GénéralitésModifier

Historiquement, ce mot portait d'abord un sens juridique et philosophique.

Avec Auguste Comte et P. Leroux notamment, la "solidarité sociale" est devenue une valeur (au sens philosophique) dont il convenait de prendre soin. Dans le contexte de polémique anticléricale, elle était comme un parallèle séculier de la charité chrétienne, base d'une morale laïque. Cette attitude donna même naissance au "solidarisme" (L. Bourgeois).

Pie XII avait longtemps travaillé dans la diplomatie internationale. Il tint à enrichir la doctrine sociale de l'Église avec le terme solidarité dès sa première encyclique Summi Pontificatus (1939). Jean XXIII le reprit dans Mater et Magistra, Vatican II développa ce thème dans la constitution dogmatique Gaudium et Spes et Paul VI l'assuma avec l'encyclique Populorum Progressio.

A la fin du XXe s., le terme a pris une résonance de contestation chrétienne avec la création du syndicat "Solidarité" en Pologne. Indépendant des organisations communistes, ce syndicat ouvrier, avec son pendant "Solidarité rurale", est d'inspiration démocratique et chrétienne. Soutenu par Jean-Paul II, ce syndicat a joué un rôle clef dans la chute du communisme.

De fait une étude sur l'importance de ce mot et de ce concept théologique dans les écrits de Jean-Paul II reste à faire... Les références sont nombreuses.

Il reste que le texte majeur, source de toute réflexion théologique ultérieure dans le domaine social, reste Gaudium et Spes, du concile Vatican II, en particulier son n°32 intitulé "Le Verbe incarné et la solidarité humaine".

C'est la solidarité qui légitime le devoir d'ingérence.

  • «Tout Etat a le devoir primordial de protéger sa population contre les violations graves des droits de l'Homme, et contre les conséquences de crises humanitaires. S'il n'en est pas capable, il revient à la communauté internationale d'intervenir»
    Benoît XVI, Discours à l'ONU, avril 2008.

Théologie de la solidaritéModifier

D'une part, la solidarité humaine est fondée sur la Création. En effet nous sommes tous créés à l'image et à la ressemblance de Dieu et nous sommes solidaires -par héritage- du couple tel qu'il est présenté dans les 3 premiers chapitres du livre de la Genèse. Depuis le Péché originel cette solidarité effective comporte des aspects négatifs (cf. Rm 5).

D'autre part, la solidarité humaine est fondée sur la Rédemption proposable à tous les hommes par Jésus-Christ. Il nous a acquis la possibilité de devenir des membres de son corps mystique. Cette solidarité en l'Homme nouveau répond à la solidarité en Adam (Rm 5).

Cette double assise de la solidarité montre qu'elle porte en soi deux facettes complémentaires et inséparables :

  1. la facette naturelle. Solidarité humaine au moins pour les besoins essentiels de la vie naturelle. Cette facette peut permettre de développer des philosophies de la solidarité tout-à-fait pertinentes, indépendamment de toute croyance.
    N.B. : La solidarité se démarque de la philanthropie en ceci qu'elle est forcément du domaine de l'agir, la philanthropie pouvant se cantonner (ce serait un défaut) au domaine de la pensée.
  2. la facette surnaturelle dont un nom théologique connu depuis longtemps est la Communion des saints. Celle-ci est lié à la Charité dont elle est une expression.

Puisqu'elle est si liée à la charité, la solidarité n'est pas une option facultative de la vie chrétienne. C'est pourquoi le magistère parle à l'occasion de "devoir de solidarité" (Jean XXIII ; Paul VI ; Jean-Paul II). La liberté chrétienne s'épanouit dans la manière inventive de mettre en œuvre cet aspect essentiel à la vie d'enfant de Dieu.

Aspect christologiqueModifier

En s'incarnant, le Christ a choisi de participer à la solidarité humaine, de la manière la plus réelle et la plus concrête (Gaudium et Spes 32).

L'affirmation de cette vérité se précise au Baptême du Seigneur, car lui n'a pas besoin de ce baptême, donné par Jean-Baptiste pour la conversion des péchés. Jésus n'a jamais commis de péché. Il manifeste là sa solidarité avec les pécheurs. Cette affirmation est l'ouverture de sa vie publique. À l'autre extrémité de sa vie publique, Jésus, qui s'est fait solidaire de chacun de nous, paie de son sang la solidarité avec son Père, qu'il ne reniera jamais.

C'est cette solidarité qui permet de comprendre que l'événement Passion - Mort - Résurrection (et Ascension) nous sauve. Par la solidarité nouvelle que Jésus Christ a instauré en Lui, le salut qu'il propose peut toucher toute l'humanité. Cette solidarité ne nous est pas imposée, nous avons à la choisir et à l'assumer, en vivant autant que faire se peut notre vie en union avec le Christ. Sans cela, ce qu'a vécu Jésus n'apparaît que comme un événement isolé dans l'histoire du monde.

Cette solidarité en Christ était préparée dans l'Ancien Testament par l'idée biblique de "Personnalité corporative" (peu connue sous ce nom) ou plus simplement de représentation. Il s'agit à chaque fois d'un individu qui représente un groupe (un peuple ...) en endossant le destin de ce groupe (Abraham, Moïse, David...).

Aspect ecclésiologiqueModifier

Aspect missionnaireModifier

Différents papes ont soulignés plusieurs aspects de la solidarité. Pour Jean XXIII, elle doit s'exercer en faveur des peuples sous-alimentés. Paul VI parle pour sa part de la nécessité d'un "développement solidaire de l'humanité". Jean-Paul II reste fameux pour son "option préférentielle pour les pauvres".

CitationsModifier

  • «Parmi les signes de notre temps, il convient de relever spécialement le sens croissant et inéluctable de la solidarité de tous les peuples»
    Vatican II, Décret sur l’apostolat des laïcs Apostolicam actuositatem, n. 14, cité par Benoît XVI dans son encyclique, Deus Caritas est.
  • «Les responsables de la vie internationale doivent agir de concert pour promouvoir la solidarité dans les zones les plus fragiles de la planète»
    Benoît XVI, Discours à l'ONU, avril 2008.

Pour aller plus loinModifier

Bibliographie chronologiqueModifier

  • Domingos Vieira La solidarité au cœur de l'éthique sociale : la notion de solidarité dans l'enseignement social de l'Église catholique, Mare & Martin, Coll. «Carrefour social», Paris, 2006. ISBN 2-84934-031-6 .(Texte remanié de thèse de doctorat : Histoire moderne et contemporaine : Paris 4 : 2005. La notion de coniunctio et de solidarietas dans l'enseignement social de l'Église catholique au XIXème et XXème siècle).
  • Raymond Chappuis, La solidarité : l'éthique des relations humaines, Presses universitaires de France, Coll. «Que sais-je ? n°3485», Paris, 1999. ISBN 2-13-050377-2.
  • Bernard Sesboué, Art. «Solidarité» dans Jean-Yves Lacoste (Dir.), Dictionnaire critique de Théologie, PUF, 1998. ISBN 2130488250.
  • Centre de recherches en éthique économique et des affaires et déontologie professionnelle, Éthique sociale : éthique sociale chrétienne, éthique et solidarité : actes du colloque d'Aix-en-Provence, 3 et 4 juillet 1997, Librairie de l'Université, Coll.«  Éthique et déontologie n°7», Aix-en-Provence, 1998 ISBN 2-903449-46-5.
  • L. Debarge, Art. «Solidarité» dans Catholicisme, vol. n°14, 1994.
  • René Coste, Art. «Solidarité» dans le Dictionnaire de Spiritualité, fasc. 14, 1990.
  • Jozef Tischner, Éthique de solidarité, A. Ardant, Limoges, 1983. ISBN 2-903702-09-8 (Syndicalisme polonais & Solidarność).

Liens internesModifier

Liens externesModifier

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